
Desjardins aide à l’informatisation des caisses au Sénégal
L’informatisation des coopératives de crédits et des institutions de microfinance dans les nombreux villages du Sénégal a commencé en 2009 avec un projet de Développement international Desjardins (DID) et de l’ancienne Agence canadienne de développement international (ACDI), qui a investi cinq millions de dollars dans l’aventure.
Le Centre de traitement informatisé du Sénégal (CTISN) est devenu une entreprise autonome depuis février 2012, un groupement d’intérêt économique (GIE) indépendant avec son conseil d’administration et son directeur général et des employés pour soutenir les organisations membres à progresser dans les dédales de l’information, tout en donnant de la formation au personnel pour la maîtrise de nouvelles technologies.
«Dans notre caisse d’épargne et de crédit, nous n’avions pas les moyens de nous informatiser», raconte Henriette Pina, vice-présidente de la caisse de l’Île de Goré, créée pour les femmes. «Le projet de DID nous a permis de réorganiser la caisse, d’être plus rapides pour les opérations sans les risques d’erreurs des opérations manuelles. Le processus est plus fiable et les membres de la caisse ont davantage confiance en nos services. Et nous pouvons produire facilement et rapidement tous les rapports que nous devons remettre aux autorités réglementaires.»
Créer un organisme
Comme DID devait se retirer du projet et qu’il n’y avait pas de structure locale pour soutenir l’organisation, les caisses membres ont décidé de créer un organisme indépendant différent du modèle coopératif pour qu’il devienne un organisme de service indépendant, ajoute Mme Pina, qui préside le conseil d’administration du GIE, propriété de 40 institutions de microfinance du Sénégal.
Actuellement, il y a 162 points de service dans tout le pays, desservant 165 000 membres avec un actif de 11 milliards de francs CFA, ou près de 23,6 millions $CAN.
«Maintenant, en 24 heures, une coopérative d’épargne et de crédit peut ouvrir un nouveau point de service totalement informatisé», souligne Abdou Karim Sow, directeur général du GIE, situé à Dakar. «Et il est maintenant possible de faire des transferts d’argent d’une succursale à l’autre dans le pays.»
L’interconnexion des institutions a eu de nombreux avantages pour les entrepreneurs qui voyagent dans le pays; ils peuvent maintenant faire des transactions dans n’importe quelle caisse du réseau au lieu de transporter sur eux de grosses sommes d’argent à déposer dans leur caisse d’origine.
Avec Internet et le réseau intégré, les usagers ont accès non seulement au crédit et à l’épargne, mais aussi à la microassurance. Ils obtiennent des reçus fiables, parce que les risques d’erreurs sont faibles, et des bilans de leurs opérations, ce qui n’était pas le cas avec l’écriture manuelle des transactions.
«Il s’agit d’une plateforme informatique, poursuit M. Sow, autant pour la gestion des transactions que pour les prises de décisions. C’est plus facile d’avoir un portrait global des finances de la caisse, de faire des contrôles internes et produire rapidement et efficacement tous les rapports nécessaires demandés par les autorités réglementaires du pays. Et les gens d’affaires peuvent plus facilement produire des plans d’affaires et des prévisions pour la croissance de leur entreprise.»
Les grandes institutions ont été informatisées depuis un certain temps, mais c’était plus difficile pour les petites. Maintenant que les caisses ont leur centre de services informatisés, le modèle d’intégration des services fait l’objet d’une certaine envie dans les pays voisins, comme le Tchad ou le Burkina Faso, qui pourraient mettre sur pied une organisation du même type.
Le système actuel pourrait desservir le double de membres, et avec un investissement relativement modeste, continuer sa croissance et même desservir des regroupements de coopératives d’épargne et de crédit au Sénégal et dans les pays voisins.
DID sera encore présent dans le processus à titre de conseiller pour les six prochains mois, explique Yves Charland, chargé de projet de DID au Sénégal. Mais ce sont les Sénégalais qui établissent les priorités et voient à la croissance de leur nouvelle entreprise de services informatisés.

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