
La microfinance permettra de développer les PME en Afrique
Renée Chao-Beroff est directrice générale de Pamiga, un fonds d’investissement crée en 2005 et spécialisé dans l’octroi de crédits à des institutions de microfinance opérant dans le milieu rural africain. Ce fonds a levé 17 millions d’euros pour appuyer la structuration de filières agricoles. Mme Chao-Beroff considère que la microfinance demeure un outil essentiel pour développer le tissu des petites et moyennes entreprises en Afrique.
Certains fonds d’investissements déclarent qu’il y a de l’argent à investir en Afrique mais pas assez de projets…
Ces fonds d’investissement ne trouvent pas de projets parce qu’ils ne sont pas assez en contact avec le terrain. Ensuite, ils ne disposent pas des outils d’accompagnement nécessaires pour que les projets passent d’initiatives simplement rentables à de véritables entreprises. Les entrepreneurs ont besoin de capitaux mais ils ont aussi besoin d’appuis en matière de management, de marketing, de distribution… Or c’est une condition pour développer le circuit des PME en Afrique. Il y a une génération de jeunes qui aspire à prendre des risques en créant des entreprises modernes avec de la technologie y compris dans le milieu rural.
A quels financements ont accès les PME ?
C’’est le maillon manquant du financement en Afrique. Presque aucune institution ne s’intéresse vraiment aux PME. La microfinance soutient les agriculteurs et les petits commerçants en fonds de roulement. Mais pour que ces entreprises grandissent, il faut de l’investissement. Les institutions de microfinance estiment que les PME dépassent leur cible et les banques ont du mal à leur faire confiance.
Quels projets Pamiga soutient-il ?
Nos bénéficiaires directs sont des institutions de microfinance [IMF ndlr] situées en majorité en Afrique de l’Ouest. Elles ont au total un million de clients et peuvent détecter parmi eux ceux susceptibles de devenir des PME. Nous leur accordons des crédits pour qu’elles financent l’accès à l’eau et à l’énergie en particulier grâce à des sources renouvelables comme le solaire. Cette stratégie a par exemple permis de financer au Togo la production de Riz délice, du riz parfumé thaïlandais. Nous intervenons sur toute la chaîne de valeur du petit producteur agricole aux entreprises qui ensachent le riz en passant par celles qui le décortiquent.
Nous appuyons des laiteries en Tanzanie, des entreprises de transformation de riz au Sénégal et des horticulteurs au Kenya. Ces produits sont vendus sur le marché intérieur africain car il y a une demande croissante des ménages urbains qui fréquentent les nouveaux supermarchés. Ceux qui ont du pouvoir d’achat veulent trouver ce type de produits conditionnés comme en Occident.
Quels projets refusez-vous de financer ?
En Afrique, ceux qui veulent créer des entreprises comptent encore trop souvent sur les subventions pour obtenir des capitaux. Nous refusons les projets qui resteraient dans cette « économie du don ». Le porteur du projet doit comprendre qu’il faut résolument aller vers des projets rentables de façon à dégager des bénéfices qui permettent de réinvestir.

A lire Aussi
